La généralisation du tiers payant remise en question

Jean-Dominique Lelong

La généralisation du tiers payant, autrement dit la non obligation, pour un patient, d’avancer les frais remboursables lors d’une consultation chez le médecin, avait été prévu par l’ancien gouvernement et était assez critiqué par les médecins eux-mêmes, qui font parti des premiers concernés. Effectivement, ils considèrent que cette mesure ne fera que multiplier la « paperasse » à leur charge.

Au cours de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait préféré parler d’un tiers payant « généralisable » et non pas d’un tiers payant « généralisé », dans le but d’en faire une option et pas une obligation.

Agnès Buzyn a affirmé avoir saisi l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) pour estimer la « faisabilité technique » du projet et pour trouver les meilleures solutions pour qu’il soit aisément et efficacement mis en place. Cependant, elle atteste être toujours favorable à ce projet, et ne pas le remettre en question. En effet, elle reconnaît que certains Français ne peuvent consulter un médecin pour des raisons financières, mais elle souhaite prendre en compte toutes les difficultés techniques qui peuvent se poser. Il est nécessaire pour elle que « les médecins y trouvent un intérêt » et que ce projet ne se traduise pas par un surplus de démarches administratives. La généralisation du tiers payant ne va donc pas être abandonné par le gouvernement.

Les médecins affirment être reconnaissants du temps que la ministre a pris pour prendre en compte les complications pratiques et techniques qu’engendrerait une telle mesure. Sa décision a donc été saluée par la profession. Il ne reste plus qu’à attendre les suggestions de l’IGAS pour fixer sa mise en place.

Rappel : le tiers payant existe déjà pour certaine catégorie de personnes, notamment les femmes enceintes, les personnes touchées par une affection de longue durée et celles titulaires de la CMU-C ou de l’ACS.

La généralisation du tiers payant a pour objectif de faciliter l’accès aux soins des Français à faibles revenus, ils n’auront plus à craindre d’avancer des frais de santé lors d’une banale consultation chez le médecin.

Néanmoins, en janvier 2016, le Conseil Constitutionnel avait dressé la première limite de cette généralisation : elle ne peut s’appliquer qu’aux frais entièrement pris en charge par l’Assurance Maladie.

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